L'Exploitation
La gare maritime de Cherbourg comprenait deux bâtiments. Le hall des voyageurs et le bâtiment principal. Le hall couvrait la voie charretière et d'une seule portée les voies de départ et d'arrivées des trains sur quatre voies ferrées. Les pignons du hall étaient flanqués de deux tours suffisamment fortes pour absorber les effets d'un vent de 200 Kilomètres heure. Chaque tourelle contenait un escalier en béton armé.
Le bâtiment principal fut construit sur la partie centrale du premier môle et sur une surface de 2.5 hectares. Il comprenait le bâtiment à étages et à pavillons surélevés. Au rez-de-chaussée : voies et service des bagages, poste des chemins de fer avec deux voies à bord de quai. Au premier étage : Le service des voyageurs avec la salle des pas perdus, les services d'administration et des compagnies maritimes, les douanes, les guichets de change, le bureau de poste et télégraphe, les salles d'exposition et le buffet. Au deuxième étage étaient les logements de divers chefs de service. Le campanile portait quatre horloges. Il mesurait 70 mètres de haut. Il fut achevé le 17 décembre 1931.
Le quai de France. La gare côté sud. La gare de nuit.
Hall central. Buffet bar. Gare ferroviaire. Salle de contrôle des bagages.(Décoration par Marc Simon)
Des passerelles mobiles permettaient le débarquement ou l'embarquement des bagages sous abri couvert. Elles assuraient directement le passage des voyageurs depuis la galerie extérieure au premier étage jusqu'au paquebot. L'intérieur d'une passerelle était large de 3.80 mètres et divisé en couloir d'accès et transporteur mécanique à bagages. Les grues étaient utilisées pour le chargement des caisses ou des véhicules.
Passerelles d'accès aux paquebots. Toitures
La gare maritime de Cherbourg fut ouverte au trafic le 1er juin 1933. Le Bremen inaugurait les escales à quai en 1934.
Le Bremen à quai. " Cherbourg port de vitesse"
Des travaux furent encore exécutés sur les fonds rocheux de la darse, pour les grands paquebots de la Cunard. Le 14 avril 1937, le Queen Mary faisait alors pour la première fois son entrée dans la darse des Mielles au quai de France.
En 1944, la gare maritime fut en grande partie, détruite par les Nazis. L'armée américaine libéra Cherbourg le 26 juin 1944 pour découvrir un port quasiment inutilisable.
Le campanile, les parties sud et ouest de la gare maritime ainsi que le quai de France venaient d'être détruits. L'armée américaine effectua des réparations provisoires afin de rétablir le trafic indispensable pour son approvisionnement.
Après la restitution des installations portuaires aux autorités françaises, les bâtiments détruits furent en partie reconstruits entre 1948 et 1952 pour accueillir à nouveau les grands paquebots.
Plusieurs années après, suite à la quasi-disparition du trafic transatlantique, la gare a failli être entièrement rasée pour faire place à une zone d'entrepôt de containers. La partie sud reconstruite après la guerre fut à nouveau détruite entre 1979 et 1982.
Les parties restantes de la grande gare transatlantique furent sauvées d'une destruction totale, en novembre 1989 par leur inscription à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.
La Gare Maritime est devenue la "Cité de la Mer" et abrite depuis le 4 juillet 2000 le premier sous-marin nucléaire construit par l'arsenal de Cherbourg : Le Redoutable.