LES ÉLÉMENTS URBAINS LONDONIENS

Roland Michel Tremblay
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Résumé
La vie londonienne en long et en large accompagnée d'une
réflexion sur la vie dans le milieu urbain comparée à l'existence dans le
milieu rural (dont mes pensées lors de mon voyage dans le sud de la France en
bateau sur le Canal du Midi). Ça semble plat comme ça, mais c'est peut-être mon
livre le plus intéressant. Le livre est terminé mais la majeure partie est
encore sur papier. Je n'ai pas encore mis en ligne les 200 pages déjà sur
l'ordinateur, alors pour l'instant vous ne pourrez les lire que sur demande.
Cependant j'ai joint un extrait ici.
Les Éléments Urbains Londoniens aborde la vie sociale hiérarchique dans
l'univers des conférences européennes. Le thème principal est: qu'est devenue
la vie de l'humain enfermé à jamais sous la terre à voyager vers le centre de
Londres, une ville faite de ciment, à travailler dans une tour à bureau où la
verdure n'existe plus? Le sens de la vie urbaine londonienne considérée en
parallèle de la vie à la campagne en France. Car le livre a aussi été écrit
lors de deux voyages de deux semaines chacun sur un bateau loué sur le Canal du
Midi où, grâce à un mal de dent terrible, l'auteur n'a pas eu d'autre choix que
d'écrire toutes les nuits la moitié du livre. Le livre raconte également les
aventures de l'auteur lors de ces nombreux voyages à travers l'Europe à cause
de ses conférences: Barcelone, Paris, Amsterdam, Cannes, Rome et Genève.
Préface
Voici le plus simple de mes livres. Le vrai et l'accessible, un
seul niveau de compréhension. À moins de se mettre à l'étudier dans un cours
universitaire. Mais voilà, son intention est d'être d'une certaine humilité,
sagesse, à observer la vie londonienne à son rythme le plus élevé. Car n'y
ai-je pas souffert un enfer que je ne puis me débarrasser qu'au prix de grandes
souffrances ? C'est là l'ironie, le paradoxe. Souffrir de cet enfer, mais
ne pas pouvoir vivre sans lui. Si à la fin de ce livre vous ne connaissez pas
tous les rats qui gisent sur les rails de l'Underground comme on a encore subit
des délais considérables ce matin parce qu'une femme y a été poussée par
mégarde, j'aurai manqué mon coup. Mais là n'est pas l'important. J'avais perdu
ce livre, quelque part dans un pub de Soho au centre ville. Je l'ai retrouvé
par miracle. Ainsi vous souffrirez les quelques pages écrites sur mes heures de
lunch alors qu'il m'est interdit de boire ma pinte de bière traditionnelle,
mais je déroge à la règle, bien entendu. Je bois et j'écris, c'est là la vie.
J'ai remarqué que l'on aimait surtout de mes écrits ce qui parle de ma vie
londonienne, en oubliant ma philosophie de malade dérivant de mon imagination.
Ainsi ce livre sera bien terre à terre à travers le ciment des bâtiments
londoniens. Je provoquerai l'envie de venir ici à celui qui vit à la campagne,
mais je l'aurai prévenu de cet enfer dont on ne peut se passer. S'il apprend
bien sa leçon, il viendra, y travaillera, lira le Daily Mail dans le métro,
mais jouira de ces petits détails qui font souffrir des millions de Londoniens
qui chaque jour se rendent à Oxford Circus pour travailler à Dieu seul sait
quoi. La vie pourrait être si simple pourtant, mais on adore se la compliquer à
l'extrême. On arrive tout de même à trouver la plénitude, je l'espère, sans en
être convaincu. On imagine des flocons de neige s'écraser sur le pavé où les
autobus à deux étages et les taxis noirs les écrasent net, puis on survit, là
l'important je suppose. À vous de juger.
NOTE : Ce livre est majoritairement encore sur papier (bien
que j'en ai déjà 150 pages sur l'ordinateur), je n'ai pas le temps de le
retranscrire ici et je ne croirai pas trouver le temps bientôt. Je mets donc
ici un extrait.
Extrait
Les Éléments Urbains Londoniens
Six jours
avant mon départ pour Prague. Quelle chance ! Je vais tenter de faire allonger
mon séjour de deux jours. Pourtant je sens que cela sera un désastre. Mais je
ne voudrais pas regretter de ne pas l'avoir fait. Et si cela ne fonctionne pas,
au moins j'aurai essayé. Et je pourrai m'acheter un billet de retour moi-même
sur place si jamais je rencontrais là quelque chose d'extraordinaire qui
mériterait que je passe là deux jours de plus. Mais l'image de la
Tchécoslovaquie que j'ai, c'est celle de Milan Kundéra durant je ne sais plus
trop quelle guerre avec la Russie, un État Totalitaire qui m'a rendu malade.
Est-ce bien ce livre où l'homme se sent surveillé dans son appartement et doit
se rendre aux frontières, à traverser une ville morte… ça me donne la chair de
poule… tous ces préjugés. Heureusement que je vais pouvoir me rendre compte sur
place de ces préjugés. Je voulais acheter ce livre de Kundéra avant d'aller à
Prague, mais franchement, c'est un peu cliché, ça fait Américain à Paris qui se
met à écouter Édith Piaf. Pourquoi pas Anna Karénine, si je me souviens bien,
c'est le livre que la femme tenait dans ses mains, ce livre qu'elle ne lisait
pas mais qui fabriquait l'image moderne qu'elle désirait pour attirer
l'attention de ce jeune intellectuel. Ouf, Anna Karénine pour image de la
modernité. Je vais vomir. Ah non, ce sera Kundéra avant d'être Tolstoï.
Enfin, je suis à Londres maintenant, que cela m'ennuie. Ce matin je me disais,
ah, si j'étais à Paris, cela en sortant du train à Waterloo. Voilà cinq ans je
me serais suicidé si je n'étais pas revenu à Londres. Je me noyais dans mon
verre de whisky tous les soirs avec la plus noire des dépressions. Tout me
rappelait à Londres. New York et Toronto n'ont pas suffit à me le faire
oublier… ah, l'idée d'être demeuré à Toronto aujourd'hui me bouleverse. Comment
aurais-je survécu ? Alors que Londres ne suffit même plus. On finit toujours
par attraper le mal de la cité dans laquelle on vit… attraper le mal d'une cité
comme Toronto, c'est le désespoir absolu. C'est être misérable au possible.
C'est comme cette série télévisée tournée à Manchester, et lorsque les deux
héros décident de partir pour la grande cité, Londres, ils comprennent que ce
n'est pas suffisant. On ne part pas de Manchester pour aller à Londres, on part
de Manchester pour aller à Phœnix, Arizona, USA. Et je suppose que les perdus
de l'État de l'Arizona, pour eux, ce qui signifie vraiment sortir de leur trou
signifie Londres, UK. La vie est complexe.
À nous deux
Prague, car tu es certes l'inatteignable en ce qui me concerne. Jamais je ne
pourrais aller vivre et travailler à Prague. C'est comme un rêve si impossible
qu'il n'a jamais été considéré. Car si Londres ne suffit plus, Paris non plus
ne serait pas à la taille. La Chine et le Japon c'est commun, tout le monde finit
par s'y retrouver aujourd'hui. Prague, c'est différent. C'est effrayant, c'est
l'Europe de l'Est, c'est la fascination de Staline, l'État de terreur, la
Russie. L'enfer et la misère. Je suppose qu'aujourd'hui ils ont exactement les
mêmes magasins que j'ai vu à New York et à Cannes ces
derniers mois. Là aussi je pourrais acheter un petit ordinateur portatif, bien
que j'ai crié partout dans le bureau la semaine dernière que probablement qu'à
Prague ils venaient juste de découvrir la télévision. Et est-elle seulement en
couleur ? J'en saurais davantage la semaine prochaine. Il est si bien d'être si
impolitiquement incorrect, et cela je ne puis me le permettre que parce que je
sais que je ne serai jamais publié. Autrement, tout serait pesé au moins quatre
fois par le boucher avant que le prix ne soit établi (1.4 fois le prix normal,
selon combien de pièces de bœuf la folle achète et selon sa naïveté).
Si seulement ce fameux vendredi c'était terminé là, au bar l'Atlantic. Mais au
contraire, c'est là que tous les problèmes ont commencé. J'étais complètement
saoul à Piccadilly Circus et je devais me rendre à l'ouest jusqu'au Parc
Osterley. Eh bien en marchant dans la rue j'ai téléphoné Marco. Quelqu'un s'est
arrête en voiture à côté de moi et me parlait, pour une raison que je ne
comprends pas aujourd'hui, je leur ai donné mon téléphone. Comble de malchance,
le con a refermé la fenêtre et a demandé à Marco s'il fourrait en faisant
l'amour... il a manque en faire une crise cardiaque. Marco se demandait où
j'étais, avec qui j'étais. Hélas, il allait encore avoir des surprises avant
que je n'arrive...
En effet, en descendant le premier escalier roulant à Piccadilly Circus, une
petite fille dont il m'est impossible de me souvenir si elle paraissait normale
ou anormale, peut-être une handicapée, descendait tranquillement avec son père.
À la vue de cette petite fille de 5 ans peut-être, je me suis tourné vers le
père et j'ai crié : Oh Mon Dieu ! Le vieux s'est mis a me poursuivra travers la
foule en criant : qu'est-ce qu'elle à ma petite fille ! Alors j'ai pris peur et
j'ai poussé tout le monde sur les escaliers roulants espérant échapper au vieux
qui semblait prêt à me frapper. J'ai couru tant que j'ai pu sur la plate-forme,
mais quelqu'un m'a poursuivi et frappé au visage de son poing. À ce moment je
n'avais qu'une idée, ne pas tomber sur les rails et sauter dans le premier
train. Je me suis faufilé jusqu'au dernier siège, les deux mains dans le visage
et la rage m'a monté comme jamais elle n'a monté dans ma vie. J'ignore si c'est
le vieux qui m'a frappé ou un autre parce que j'ai poussé tout le monde sur
l'escalier roulant, craignant justement d'être frappé par l'autre. Eh bien, je
ne m'étais jamais rendu compte combien il était facile de recevoir un bon coup
de poing dans le visage. Il suffit d'insulter une petite fille ou de pousser
quelques touristes, et puis quoi encore. Toute ma vie on m'a ridiculisé,
insulté à l'école, et même au travail dernièrement, et jamais personne ne
semble avoir payé pour toute cette souffrance que j'ai endurée. Le lendemain je
me sentais tellement coupable pour cette petite fille, mais plus maintenant. Je
le referais demain matin. Le peuple est tellement pourri et c'est
définitivement une jungle où le plus fort s'en sort. La morale, le respect,
j'ai toujours, semble-t-il, avoir été le seul à éprouver cela et mettre cette
bonté en pratique, et maintenant c'est terminé. La prochaine fois je frapperai
le père avant qu'il ne puisse réagir. C'est lui le problème, pas moi. Au diable
sa petite fille dont dire au père "oh mon Dieu" a failli me coûter la
vie en dessous d'un train et d'être dévisagé pour le reste de mon existence. Je
suis bien prêt à regretter deux jours durant une maladresse irrespectueuse,
mais il y a une limite à ce que je dois payer. J'étais tellement enragé, que
lorsque je suis enfin sorti du train et que je marchais vers l'appartement, il
y avait encore une femme dans mon champ de vision au bout de la rue. Et j'étais
comme fou, je ne pouvais plus concevoir que toujours il devait y avoir
quelqu'un la devant moi qui puisse me juger, qui d'un seul regard me rende
inconfortable, m'oblige à me cacher, à ne rien dire, etc. Je criais comme un
défoncé : ôte-toi de ma vue ! Va-t-en ! Out ! La femme s'est mise
à courir comme une folle. Rendu à la maison, j'étais dans un piteux état, je me
suis mis à pleurer comme un malade. Cela faisait une heure que j'avais déjà
remis toute ma vie en question, j'allais me suicider là sur le coup, j'allais
moi-même me lancer devant les rails du prochain train, et franchement je ne
m'explique pas que je ne l'aie pas fait, car jamais je n'ai eu une telle
conviction qu'il était temps que je meure, que j'en finisse avec les platitudes
de l'existence. Dans le fond, je venais de comprendre que ma vie est d'une nullité
et d'une futilité morne à mourir. Que la vie n'est que cette stupide succession
de terribles événements qui n'apportent que la souffrance et la misère. Que
j'étais incapable de nommer une seule raison au pourquoi je voudrais vivre, à
endurer cet enfer. Et puis je me suis calmé et je remettais en question mon
emploi et Londres. Je retournerais au Canada le plus tôt possible. Je n'allais
plus retourner au travail, je n'allais plus rien à voir avec cette vie
misérable. J'étais traumatisé, complètement terrorisé, enragé. À ce moment et
durant la journée suivante, j'aurais pu me refermer sur moi-même, m'enfermer à
l'intérieur et ne plus jamais en sortir, regretter à l'infini mes actions,
avoir peur du bon peuple de Londres chaque fois que je sors. Mais au contraire,
je suis devenu le pire des monstres. Je ne veux plus de conscience, je ne veux
plus de bonne manière, je veux une guerre et je veux la gagner. Il n'y a plus
personne qui puisse se tenir devant moi, je m'en vais te les anéantir, les
détruire, tous les tuer. Ma patience, je ne connais plus ce mot. Je suppose que
c'est ainsi que les criminels commencent, après avoir été frappé par la police,
il n'existe qu'une issue, comprendre qu'il n'existe point de justice, ou de
morale bonne à suivre. Tout est éclaté et l'on va vivre. You fucking bastards !
Pour qui tu te prends ? Tu pourrais me frapper pour une insulte bien subtile ?
Ou parce que j'ai un peu poussé ta blonde dans la rampe de l'escalier ?
Pourquoi pas me tuer ? Cela suffira-t-il ? Faut-il aussi exterminer la station
en entier ? Well, oui, je le pense.
Je comprends ce soir pourquoi j'ai insulté cette petite fille l'autre soir. Ou
le père plutôt. Après deux pintes de bières seulement je comprends tout. C'est
que lorsque je suis un peu en boisson, je développe un mépris marqué pour tout
et pour tout le monde. Je suis prêt à les tuer autant qu'à me suicider. Je n'ai
plus aucun respect pour rien, sans doute parce que je ne puis voir qui que ce
soit me respecter. En fait, autrui me fait chier comme ce n'est pas possible.
Qu'ils voudraient bien juste ma mort que je le comprendrais très bien. James
m'imitait aujourd'hui, comment ridicule était notre emploi, mimant un appel
téléphonique à Dieu sait qui, que l'on tente d'avoir sur notre programme de
conférence. Cela m'a tout à fait convaincu que je faisais la job la plus
insipide et insignifiante de la planète. Plus inutile que les conférences, cela
ne se fait pas. Pourtant l'on endure la prétention, l'enfer, le calvaire. Dans
le train ce soir j'ai deux Finlandais en vacances devant moi. Swedish, pardon,
je viens d'entendre Sweden. Eh bien. j'ai juste envie
de me lever et de les frapper. Sans doute le vieux travaille pour Ericsson
(alors qu'il travaillerait pour Nokia s'ils venaient de la Finlande). Or, cela
je ne puis plus le supporter. En plus il est gros et laid alors qu'elle est
jeune et belle. L'aime-t-elle ou aime-t-elle autre chose ? Les voyages à
Londres par exemple, le rythme de vie. Sans doute elle s'amuse davantage
lorsqu'il est aux conférences. Peut-être également s'emmerde-t-elle dans ce
temps là... la pauvre, c'est alors qu'elle ne sait pas ce qu'elle manque.
Alors que James semble vraiment savoir ce qu'il manque, pourtant ce n'est pas
là un argument. Il veut mourir, il n'a jamais trouvé le bonheur, pas même avec
une femme, et il est prêt. Pourtant ce soir il a répété qu'il avait besoin
d'une femme (de la sauter sans doute). Pourtant il sait que cela ne le rendrait
pas heureux. Misère...
Tellement de rêves, de choses à voir et à comprendre, tellement de choses
extraordinaires loin de cette réalité quotidienne et infernale je pourrais voir
et accomplir aujourd'hui, que je me morfonds plutôt dans l'amertume et le
désespoir. Entourés cette fois de gens encore plus misérables que je ne le
suis, alors que trop souvent ces dernières années je me retrouvais seul au
monde à mourir dans ma peine.
Prague
Je suis dans un club assez vide, ils ne semblent pas avoir de patience pour les
étrangers à Prague. Au bar il m'a traité comme de la merde, et l'autre du vestiaire,
même chose. Bon Dieu, ça fait même pas dix ans que ça a découvert que dehors
existait, et déjà ils ont adopté l'attitude Gay 100% "Oh Darling !".
Parce que je n'imagine pas que cette musique directement importée de Londres et
ces hommes à moitié nus agissaient ainsi avant leur révolution de 1989 où ils
se sont débarrassés de leur communisme. Stupide mondialisation, je suis en
république Tchèque, je pourrais aussi bien être n'importe où ailleurs dans le
monde. Dans le fond, le communisme a cela de bon, qu'il est différent. Je suis
venu bien trop tard. Je voulais les voir en train de crever de faim, sans
emplois, pauvres comme Georges, et regarder la différence lorsque je marche
dans la rue. Eh bien non seulement ils sont britannisés, mais en plus, ils ont
plus de style que moi. Aujourd'hui en habit cravate, j'étais le seul jeune
habillé ainsi, en fait, la seule personne habillée ainsi. Ce soir je suis en
jeans noires, mais des souliers assez quétaines. Ils m'auraient fallu mettre
mes souliers noirs. Je ne pense pas qu'une seule personne ne m'ait encore
regardé, au club Privat L. Tiens, c'est pas Tchèque ce nom. Et bande de chiens,
la musique que vous jouez, c'est pas Tchèque !
Qu'avez-vous donc contre les touristes ? Je crois que je vais les aborder en
français à l'avenir plutôt que l'anglais. Ils ne comprennent ni l'un ni l'autre
de toute manière et l'exercice sert plutôt à leur signifier que je ne comprends
pas leur charabia. La première chanson que j'ai entendue à Prague était la
première chanson que j'ai entendue à New York : New York City Boy de Pet Shop
Boys. Mon Dieu le gars à côté ressemble comme deux gouttes d'eau à celui que
j'ai rencontré dans un café à Cannes.
Eh bien, je ne suis pas impressionné. Ils ont deux personnes qui dansent, une
fille et un gars, et j'impression qu'ils sont payés pour danser. Ils dansent
tous deux pareillement et un peu trop bien. Ah moins que ce ne soit comme ça
qu'ils dansent ici. Il y a un jeune si jeune dans la place, et si beau et
prétentieux, que j'ai l'impression que c'est un prostitué. Well, je ne suis pas
encore aussi désespéré. Un autre s'est mis à danser, et celui-là barbu mais
tout de même mince, n'est certes pas un danseur professionnel. Et il danse un
peu comme les autres. Une sorte de Mimouchka russe... Enfin un m'a regardé, le
deuxième plus beau de la place après le jeune. Le jeune aussi me regarde, mais
cela m'inquiète. Aussi, nu je ne suis pas si beau, peut-être je devrais faire
comme Louise au travail qui a flirté toute la soirée avec Toni et le pauvre le
lendemain était enragé parce qu'il n'avait pas couché avec elle. La musique
dégénère, ça fait six chansons assez espagnoles, La Margarita, lalalalala, de
la musique de plage et de mariage. Ah non, je ne peux pas coucher avec l'un ou
l'autre, je suis bien trop décevant au lit. Ils doivent être habitué à ce qu'il
y a de mieux. Pourquoi n'y a t-il que les plus beaux qui s'intéressent à moi ?
C'est que ma graisse ne transparaît pas... Ils ont tous l'air de se connaître,
mais la ville a bien un million deux cent mille personnes, ils ne devraient pas
se connaître... à moins que les gays ici s'acceptent moins et donc sont tous
encore dans le placard. Avec pareille musique, ils ne manquent rien. Arrêtez
cette musique espagnole pourrie ! Vive la musique britannique !
La première chose que j'ai faite après avoir recouvré ma liberté, je suis allé
faire mon lavage. Le mythe dira : "Faire son lavage en République Tchèque
!" Wow, j'y ai rencontré un super de beau gars, juste pour cela ça en
valait la peine. Un peu magané, on aurait dit qu'il a eu la vie dure. Très
gentil. Je lui ai demandé s'il connaissait Milan Kundéra, il m'a sorti de sa
table L'Immortalité ! C'est ce qu'il lisait ! Et moi qui croyais que l'on
tombait en amour à Prague après avoir rencontré quelqu'un lisant Anna
Karénine... Nous avons parlé, entre les nouvelles de CNN, car c'était ce qui
jouait. Au club ce soir, c'est MTV. Ces Tchèques, on dirait qu'ils n'ont aucune
personnalité, ils n'ont fait qu'adopter tout ce qui vient d'ailleurs. Cela me
rappelle ce conférencier qui disait à ma conférence que son fils voulait
désespérément être connecté à l'Internet. Et lorsque son père impuissant
(l'Internet était inaccessible dans son pays perdu) lui a demandé pourquoi, le
fils a répondu qu'il voulait être un citoyen du monde. Eh bien, si cela
signifie juste d'adopter l'extérieur pour sien, c'est triste. Et il n'y a rien
de plus impersonnel que l'Internet. En plus, c'est d'une platitude
extraordinaire. On s'en lasse tellement vite que l'on ne l'utilise plus que
comme outil de recherche. Car il s'agit là d'une base de données, rien d'autre.
Un autre beau c'est celui qui m'a arraché mon manteau des mains et qui exigeait
10 Korunas. Les voilà tes 10 Korunas... tu sais ce que ça vaut 10 Korunas à
Londres ? Ça ne vaut plus rien parce qu'il n'existe rien, même chez le marchand
de bonbons, qui coûte moins de 10 Korunas. De toute manière, je sais bien que
cette bière m'a été trop chargée, car elle est exactement le prix de celle que
j'achète à Londres. Or, on sait bien que tout coûte moitié prix sinon un tiers
du prix à Prague. Voleur ! En plus il a le culot de paniquer parce que je n'ai
pas laissé de pourboire la première fois. Va donc voir si les Anglais et les
Français en laissent du pourboire eux ? D'autant plus que ses bières sont
surchargées ! Gardez-les vos clubs et pubs pourris ! Je suis bien trop content
de vous chier dessus par écrit... Quelque chose va survenir, sinon je commence
vraiment à croire que j'ai perdu mon temps à demeurer ici deux jours de plus.
Le jeune définitivement me regarde sans cesse, et moi j'écris plutôt que de le
regarder. Je pense qu'il revient d'une back room... qu'y faisait-il donc ? Eh
bien je ne vais pas dans ces endroits-là, bien que c'est ridicule, je fais tout
le reste, mais j'ai des principes qui me viennent j'ignore d'où. Pas de sauna,
pas de back room... et probablement qu'un jour j'irai et je me demanderai
pourquoi j'ai attendu aussi longtemps. Mystère.
N'ont-ils pas de littérature gay ici ? Et j'ai besoin des toilettes, et d'une
nouvelle bière. Tout vient en même temps.
Ici ils ont
trois types de toilettes. Pour les femmes (alors que seuls les hommes ont le
droit d'entrer), pour les hommes, et pour les hommes back rooms. Le jeune me
regarde toujours, je me demande quel âge il a, l'âge légal ici pour avoir du
sexe est 15 ans et je ne suis pas certain s'il les a. Je ne crois plus qu'il
soit un prostitué, son ami à l'air bien trop...
Oh mon Dieu, dans quel pétrin je me retrouve. Je suis tellement con, il devrait
y avoir une loi contre les cons. Bien sûr qu'il y avait bientôt une dizaine de
jeunes super beaux qui me regardaient ! Tous sont des prostitués et je porte un
chandail anglais ! Comment j'ai pu me flatter à croire qu'ils s'intéressaient à
moi ! Un vieux croûton de 40 ans avec un jeune de 19 ans sont
apparus et il était bien heureux de me parler car le vieux venait de la Suisse.
Il a tenté de m'embarquer dans une histoire de prostitution à long terme !
Toute notre conversation avait un double sens, et il m'en a fallu du temps pour
comprendre ce qui se passait. Selon lui je ne trouverai jamais ce que je
cherche à Prague, seule la prostitution existe, m'attend. Et lui ne pouvait me
comprendre, puisque cela fait 4 ans qu'il a son prostitué personnel. J'ignore
même si ces jeunes sont vraiment gays ! Cela m'a tellement écœuré que je suis
sorti en courant ! Puis je cherchais le premier taxi qui me ramènerait à
l'hôtel, car véritablement, j'ai peur ! Une société où la prostitution et la
maffia règnent, est quelque chose d'effrayant. Et ces gens se croient libérés ?
Je suis dans une panique absolue. Le vieux croûton m'a demandé si j'étais allé
en Thaïlande, car là on n'y va que pour la prostitution. Eh bien je viens de
rayer ce pays de ma liste. J'aime mieux demeurer avec les miens, ceux qui sont
comme moi. Pourtant il était Suisse. La peur soudain me prend. Juste pour être
conscientisé sur cette question valait tout l'argent que j'ai jeté au feu pour
rester ici deux jours de plus. Prague, ville pourrie jusqu'a l'os, tu ne me
reverras plus jamais de ta sainte vie.
Bon, je me suis remis de mes émotions d'hier. 12% d'alcool dans leur Pilsner,
je crois que ça explique bien des choses. J'étais comme un peu devenu ou. Tout
ce que j'ai vu hier à Prague existe à Londres et même Toronto. Je me suis tout
simplement retrouvé dans les deux pires clubs de la place. Et je suis mal tombé
sur ce gros porc de la Suisse qui se paie des prostitués à long terme. Je me
fous qu'il me dise que c'est partout la même chose en ce qui concerne les
touristes, apparemment plusieurs viennent ici avec cette intention, mais j'ai
aussi vu hier qu'entre eux les Tchèques sont bien normaux, comme on peut l'être
au Canada. Comme d'habitude on traite les touristes différemment. J'ai
tellement de préjugés envers la République Tchèque, j'ignore comment m'en
débarrasser. Je les vois comme des arrières et tout devient un prétexte à
prouver mon point. Je suis entré chez McDonald par exemple, et deux femmes achetaient
un Big Mac et un coke. Et les frites, elles ? Dans ma tête je me disais qu'elle n'en avaient pas les moyens ! Mais quelle prétention
j'ai ! Il me faudra plus d'une semaine et éviter les trappes à touristes avant
de juger la République Tchèque. Aujourd'hui je dirais que je ne vois pas
vraiment de différence entre Prague et Paris, niveau de vie. Pourtant, je sais
bien que ce n'est pas tout à fait la même chose, et aussi, je sais que ça n'a
pas toujours été ainsi. Bien, je ferai quelques cafés aujourd'hui, mais je ne
sortirai certes pas. Et je ne crois pas non plus que je coucherais avec qui que
ce soit, l'idée que cela pourrait être de la prostitution me tue. (Et ce gros
Suisse laid qui me répétait de toujours discuter prix avant ! Gros écœurant !)
Bon, midi trente, c'est le temps d'aller visiter le château.
**Le reste n'est pas encore sur mon site, mais ça s'en vient...
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Bon bon, je me suis rendu compte, sans doute à cause du titre, que tout le monde visite cette page plutôt que mes autres livres. Alors voici en vrac ce qui est déjà sur ordinateur. Pas corrigé, pas relu, pas coupé. Je ne suis pas responsable des torts causés à autrui, et inutile de me poursuivre, car tout est vrai, je gagnerais...
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Les Éléments Urbains Londoniens
Non relu, non corrigé
7 Avril 1998
Il existe de ces endroits où je me suis retrouvé dans ma vie et dont je me demande pourquoi j'y étais. Ils me ramènent des cauchemars juste à y penser, et la pensée que je pourrais m'y retrouver un jour me tue. Tous les coins de rue où au Québec j'attendais les autobus scolaires pour m'emporter à l'école par exemple, me traumatisent encore. Les autobus de ville à Hull et à Aylmer aux limites d'Ottawa, jamais rien vue de plus misérable dans ma vie. Où je travaillais à Bruxelles, un quartier mort de Montgomery, ça non plus ne m'apporte pas de bons souvenirs. Par contre il y a des endroits à Bruxelles qui me hantent et m'enchantent. Comme au Québec en dehors de la capitale. Et même dans les environs d'Ottawa, une petite maison d'ex-prostituées que l'on projétait acheter au bord de la rivière me fascine encore. Qu'est-ce qui fait d'un endroit un paradis, et un autre un enfer ? Toujours les constructions humaines, puis les événements qui font que nous y sommes comme prisonniers. Était-ce mon choix d'y être ? Oui et non, dépendant du pourquoi je me devais d'y souffrir. Un hôtel du boulevard Hamel à l'Ancienne-Lorette de la ville de Québec est d'un terrifiant, et le restaurant Marie-Antoinette juste à côté, un calvaire. Mais un petit hôtel sur le fleuve Saint-Laurent tout à côté du Vieux Pont de Québec fait toute la différence. Même dans la forêt profonde j'arrive à distinguer des lieux enchanteurs et d'autres infernaux. Pourtant c'est la nature, des arbres et des rivières.
12 Avril 1998
Une même particule peut se retrouver à deux endroits en même temps. Un humain peut donc se trouver à deux endroits en même temps.
Voilà où j'en suis dans ma retranscription, la suite viendra lorsque l'existence me laissera suffisamment de temps libre et que la motivation me viendra.
J'aurais voulu prendre le temps de parler de mon voyage éclair à Rome lors de la conférence GPRS, mais trop était trop vite. Là déjà j'ai bien souffert de ce monstre
Dernier jour, Cannes, 4 Février 2000
James m'a encore fait subir bien des émotions. Hier, parce qu'incapable de trouver des billets pour le party de Motorola avec Tom Jones, et ignorant que Siemens avait un party également, nous nous sommes retrouvés sous la tente Nokia. La foule, environ 3000 personnes, était à 100% blanche et sans doute la majorité Finlandaise. Pas un Noir, pas un Asiatique. Nous sommes arrivés moi, Gustavo et James, juste le temps de voir Tom Jones arriver par bateau sous une musique de James Bond et deux hélicoptères, et nous rencontrions déjà nos autres collègues. James s'est mis à marcher en long et en large dans tout le bâtiment, il était le seul à ne point être habillé en habit et certes, il semblait être le plus jeune de tous. Moi le suivant partout, nous avions l'air des deux plus jeunes personnes de tout le Congrès, pourtant nous sommes les recherchistes et producteurs. Je me demandais si nous avions l'air sérieux. Bref, il avait les yeux rivés sur cette blonde qui travaille pour Nokia et qui dansait comme une folle alors que nous savions qu'elle n'avait rien bu. Je l'ai reconnue de Genève où là également voilà quelques mois elle dansait de même, en plus, à courtiser un vieux porc à côté d'elle. Hier également elle dansait avec un croûton et je me demandais si ce n'était pas une putain professionnelle dont on a mis un Nokia tag dessus. Tous les hommes de la salle (90%) à Cannes comme à Genève, n'en avaient que pour elle, oubliant la scène où un groupe Finlandais nous chantait des chansons populaires, dont Tom Jones. Si ce dernier pouvait entendre de l'autre tente, il devait bien se demander qui pouvait chanter ses chansons aussi bien que lui, peut-être même mieux ! Enfin, c'était un charmant tableau que ce jeune mince éphèbe qui regardait cette blonde pouffiasse correspondant à la corporate image de Nokia, et c'est vrai qu'elle est remarquable, mais moi je ne pouvais plus le suivre. J'ignore ce qu'il faisait également, il marchait jusque près d'elle puis retournait dans le fond de la salle, puis refaisait ce même chemin sans cesse. Dans la première heure Gustavo a disparu. Ma dernière conversation avec James avant qu'il ne disparaisse lui aussi avait quelque chose à voir avec comment atteindre cette femme. Ses beaux yeux bleus charmants la regardaient et je pouvais distinguer dans le luisant de ses yeux son imagination au-delà de rêves impossibles. Faire l'amour à cette femme qui dansait sur une table (avec toute une rangée d'autre monde, y compris toutes les hôtesses de ma compagnie qui se mettaient bien en évidence) et je les voyais dans le lit, son sourire alors qu'ils se déshabilleraient. Et puis je ne l'ai plus revu pour au moins 45 min